Trois pages...
- Sophie Charbit Gabrielle

- 30 janv.
- 2 min de lecture

Ces 3 pages d'écriture clôtureront le cahier à spirales bleu commencé le 24 octobre. Il rejoindra des frères dans la petite valise en aluminium sous le bureau. Des cahiers par dizaines il y a là. Journaux intimes, bribes de poésies que je n'ai jamais relues. Peut-être recellent-ils un trésor que je découvrirai lorsque j'aurai le courage de m'y plonger. Ou peut-être en ferai-je un ardent feu de joie !
Pour l'heure, je finis ce cahier.
Les jours, les dates se suivent décrivant des matins hagards, des matins avares, des matins absents. Il y a des pages noircies de dessins enfantins gribouillés au bic. D'autres à l'écriture transformée par le choix du stylo. J'ai une préférence pour le bic basique bleu.Le quatre couleurs parfois. Et puis la mise en page un matin prend des libertés. Elle décide à l'envers, en travers, en mouvement. ce sont les matins fougueux, les matins "simple comme bonjour", ceux qui ne doutent pas, les matins d'élans. les matins lents habitent le silence. Lorsque j'ai la mauvaise idée d'allumer mon téléphone, c'est foutu !
Le désert de la page blanche lorsque je suis disposée à fournir l'effort de le contempler, je le bois.
Je le bois les yeux dans les yeux, regard noyé sur la feuille qui attend amoureusement d'être submergée.
Alors ! finirai-je ce cahier avec brio ce matin?
J'aimerais finir ce cahier avec brio, oui !
"La parole crée l'évènement" disent les philosophes, les mystiques. les écrits seraient-ils ces battements ressentis tels des ondes célestes propulsant leurs bienfaits? Les mots d'amour ont-ils cette vertu? Je veux le croire. Oui, partout, vivent dans l'ombre ou la lumière les gardiennes et les gardiens du feu. Il existe un espace pour la vérité. Cet espace fait fi des aboiements qui brouillent les pistes. Ceux-là vont et viennent et finissent en fétus de paille. La vérité demeure au coeur des braises, dans le feu ardent entretenu patiemment dans le silence.
Le mistral s'est levé ce matin. L'hiver va-t-il nous honorer de ces journées diaphanes? de ses caresses glacées invitant la sève à gravir les profondeurs ?
Demain, j'ouvrirai un nouveau cahier. 23/12/25
@Sophie Charbit Gabrielle



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